Quelles différences entre les verres simples et les verres complexes ?

Après une consultation chez l'ophtalmologiste, la question revient souvent : votre ordonnance indique-t-elle des verres simples ou des verres complexes ? Cette distinction n'est pas qu'une formalité administrative — elle détermine directement le tarif de vos lunettes et le niveau de remboursement auquel vous avez droit.

En optique, on distingue les verres simples (unifocaux ou à simple foyer), les verres complexes (multifocaux, progressifs, mi-distance) et les verres très complexes (fortes corrections). Selon la catégorie, les prix peuvent varier du simple au triple, et la prise en charge par l'Assurance maladie comme par votre complémentaire santé varie en conséquence.

Voici ce que vous devez savoir pour comprendre la classification de vos verres, lire votre ordonnance et anticiper votre reste à charge.

Comment savoir si l'on porte des verres simples ou complexes ?

La distinction entre verres simples et verres complexes est essentielle pour comprendre le remboursement de vos lunettes. Un verre simple et un verre complexe ne vont pas corriger les mêmes anomalies oculaires.

Les verres simples vont apporter une solution à un seul trouble de la vue alors que les verres complexes comme les bifocaux ou trifocaux vont corriger plusieurs troubles de la vision.

C'est le type de correction prescrite sur l'ordonnance de votre ophtalmologue qui détermine la catégorie de vos verres et, par conséquent, le tarif de base de la sécurité sociale et le niveau de prise en charge de votre mutuelle.

Qu'est-ce qu'un verre simple ?

Un verre simple, aussi appelé verre unifocal ou verre à simple foyer, possède une seule puissance de correction sur toute sa surface. Sur l'ordonnance, un verre est classé simple lorsque la valeur de sphère (SPH) est comprise entre -6,00 et +6,00 dioptries et que la puissance de cylindre (CYL) est inférieure ou égale à +4,00 dioptries. La dioptrie est l'unité de mesure de la puissance d'un verre correcteur.

Les verres à simple foyer vont corriger soit la myopie, soit l’astigmatisme, soit l’hypermétropie. Ils ne pourront pas intervenir sur deux troubles en même temps puisque leur forme est conçue spécialement pour répondre aux spécificités d’une de ces pathologies. Ils ne peuvent pas intervenir en cas de presbytie car en améliorant la vision de près, ils rendent la vision de loin floue.

Leur forme varie selon le trouble corrigé : concave pour la myopie (plus fin au centre, plus épais sur les bords) et convexe pour l'hypermétropie (plus épais au centre, plus fin sur les bords).

Ce sont les verres les plus courants et les plus abordables, que l'on retrouve sur la majorité des lunettes de correction portées au quotidien.

Qu'est-ce qu'un verre complexe ?

Un verre complexe est un verre composé de plusieurs zones de correction, ce qui lui permet de traiter simultanément plusieurs troubles de la vision.

En effet, il est possible d’être myope et presbyte en même temps par exemple. Dans ce cas, une paire de lunettes avec des verres simples ne permettra pas de corriger ces deux troubles. Il faut donc opter pour des verres multifocaux.

Parmi les verres complexes, on compte les verres bifocaux (ou à double foyer), les verres trifocaux (ou à triple foyer) et les verres progressifs .

Les verres bifocaux sont donc dotés de deux zones de correction : la partie principale du verre corrige la vision de loin et une pastille ajoutée en bas du verre corrige la vision de près.

Le problème est le passage abrupt d’une zone de correction à l’autre qui peut entraîner des aberrations d’image. Par ailleurs, la délimitation entre les deux zones est visible et n’est donc pas esthétique.

Les verres à triple foyer vont ajouter une zone de correction supplémentaire pour la vision intermédiaire. Mais ils présentent les mêmes inconvénients que les verres à double foyer.

Quant aux verres progressifs, ils possèdent également trois zones de correction : vision de loin, intermédiaire et de près. Cependant, le passage de l’une à l’autre ne se fait pas de façon abrupte mais progressive. Pour autant, certaines personnes ne parviennent pas à s’habituer à ce type de verres.

Quelle est la différence entre verres complexes et très complexes ?

La classification de la sécurité sociale distingue en réalité trois catégories de verres. Voici un tableau récapitulatif pour comprendre rapidement les différences :

Catégorie Type de verre Sphère (SPH) Cylindre (CYL) Troubles corrigés
Simple Unifocal Entre -6,00 et +6,00 dioptries ≤ +4,00 dioptries Un seul : myopie, hypermétropie ou astigmatisme
Complexe Unifocal hors plage ou multifocal/progressif Hors -6,00 / +6,00 > +4,00 Plusieurs : ex. myopie + presbytie
Très complexe Multifocal/progressif à forte correction Hors -8,00 / +8,00 ou hors -4,00 / +4,00 Très élevé Troubles visuels sévères combinés

Cette distinction repose sur le degré de correction et la combinaison des troubles visuels à traiter.

Les verres complexes correspondent aux verres multifocaux ou progressifs avec des corrections modérées, ou aux verres unifocaux dont la sphère est hors de la plage -6,00 / +6,00 dioptries ou dont le cylindre est supérieur à +4,00 dioptries. Les verres très complexes concernent les mêmes types de verres mais avec des corrections encore plus élevées : une sphère hors de la plage -8,00 / +8,00 dioptries, ou une sphère hors de la plage -4,00 / +4,00 dioptries pour les verres sphéro-cylindriques. Ces cas correspondent par exemple à une forte myopie associée à une presbytie avancée, ou à un astigmatisme important combiné à une hypermétropie.

Cette distinction a une incidence directe sur le remboursement. Le tarif de base fixé par l'Assurance maladie est plus élevé pour les verres très complexes que pour les verres complexes. Le reste à charge peut toutefois rester conséquent si l'assuré ne dispose pas d'une mutuelle optique avec des garanties adaptées.

Comment lire son ordonnance pour identifier le type de verres ?

Votre ordonnance optique contient plusieurs abréviations qui permettent de déterminer si vos verres sont simples, complexes ou très complexes. Voici les principales :

  • OD / OG : œil droit / œil gauche
  • SPH (Sphère) : puissance de correction principale, exprimée en dioptries. Une valeur négative indique une myopie, une valeur positive une hypermétropie.
  • CYL (Cylindre) : corrige l'astigmatisme. Une puissance de cylindre supérieure à +4,00 dioptries classe le verre en complexe.
  • AXE : orientation du cylindre, exprimée en degrés.
  • ADD (Addition) : correction supplémentaire pour la vision de près, présente en cas de presbytie. Sa présence sur l'ordonnance implique des verres complexes (progressifs ou multifocaux).

En pratique : si la valeur SPH indiquée est dans la plage -6,00 / +6,00 et qu'il n'y a pas de valeur ADD, vous portez vraisemblablement des verres simples. Dès qu'une valeur ADD est mentionnée ou que la sphère dépasse ces seuils, on bascule dans la catégorie des verres complexes.

Verres progressifs, simple foyer, multifocaux : à quelle catégorie appartiennent-ils ?

Cette question revient régulièrement car les appellations commerciales utilisées par les opticiens ne correspondent pas toujours à la classification de l'Assurance maladie. 

Les verres à simple foyer (unifocaux) sont systématiquement classés comme des verres simples, quelle que soit l'importance de la correction. Ils ne comportent qu'une seule zone de correction et ne traitent qu'un seul défaut visuel.

Les verres multifocaux (bifocaux et trifocaux) sont classés comme des verres complexes ou très complexes selon le degré de correction. Ils comportent plusieurs foyers séparés par des lignes de démarcation visibles sur les lunettes.

Les verres progressifs appartiennent eux aussi à la catégorie des verres complexes ou très complexes. Bien que la sécurité sociale ne fasse pas de distinction tarifaire entre les verres progressifs et les autres verres multifocaux, les prix pratiqués par les opticiens sont généralement plus élevés pour les verres progressifs en raison de leur technologie plus avancée. C'est pourquoi le choix d'une bonne complémentaire santé est déterminant pour limiter le reste à charge sur ce type d'équipement.

Quel type de verre pour vos lunettes selon votre trouble visuel ?

Le choix entre un verre simple et un verre complexe dépend directement du ou des troubles visuels diagnostiqués par votre ophtalmologue.

Si vous êtes myope, un verre simple (unifocal) suffit dans la grande majorité des cas. Il en va de même si vous êtes uniquement astigmate ou hypermétrope. Ces trois troubles visuels, pris isolément, ne nécessitent qu'une seule zone de correction.

Si vous cumulez myopie et astigmatisme, la correction peut être intégrée dans un même verre à simple foyer grâce à une combinaison de la sphère et du cylindre sur l'ordonnance. Vos lunettes resteront donc équipées de verres simples.

En revanche, dès que la presbytie entre en jeu, les verres simples ne suffisent plus. Ce trouble affecte la vision de près et s'ajoute le plus souvent à un défaut visuel préexistant. Une personne à la fois myope et presbyte, ou hypermétrope et presbyte, aura besoin de verres complexes pour corriger les deux troubles simultanément.

Les verres progressifs sont alors la solution la plus couramment prescrite car ils offrent une vision nette à toutes les distances sans nécessiter de changer de lunettes.

Pour les personnes en début de presbytie qui travaillent principalement sur écran, les verres mi-distance peuvent constituer une alternative intéressante aux verres progressifs. Ils améliorent la vision de près et la vision intermédiaire sans couvrir la vision de loin. C'est une solution adaptée à un usage professionnel en bureau mais qui nécessite souvent une seconde paire de lunettes pour les activités extérieures. Ce type de verre peut contribuer à réduire la fatigue oculaire liée au travail prolongé sur écran.

Avis sur les verres mi-distance : la période d'adaptation est généralement plus courte qu'avec des verres progressifs. Les porteurs apprécient leur confort pour le travail sur écran, mais soulignent la nécessité de disposer d'une seconde paire pour les déplacements. Pour la classification Sécurité sociale, les verres mi-distance peuvent être catégorisés comme simples ou complexes selon le niveau de correction.

Dans tous les cas, c'est votre ophtalmologue qui déterminera le type de verre le plus adapté à votre situation lors de la rédaction de l'ordonnance.

Pensez à vérifier les garanties optiques de votre mutuelle avant de vous rendre chez l'opticien car le prix des lunettes peut varier considérablement entre des verres simples et des verres progressifs.

Le taux de remboursement

Le remboursement des lunettes par l'Assurance maladie et les complémentaires santé n'est pas global. Pour aller plus loin, consultez notre guide complet sur le remboursement des soins optiques. On distingue la prise en charge des montures et celle des verres.

Pour les deux, l’Assurance maladie a fixé un tarif de base sur lequel elle applique un taux de remboursement de 60%. Or ce prix de base est largement inférieur à celui pratiqué par les opticiens.

Par exemple, le tarif conventionnel pour une monture de lunettes est inférieur à 3€ pour les plus de 18 ans. La souscription d’une mutuelle présentant de solides garanties en matière d’optique est donc nécessaire pour réduire au maximum le reste à charge de l’assuré.

La prise en charge des verres dépend du degré de correction de ces derniers, du caractère simple ou complexe du verre et de l’âge du porteur de lunettes.

Les montures et les verres sont mieux remboursés par la sécurité sociale pour les mineurs que pour les adultes.

Comment la mutuelle prend-elle en charge les verres simples ou complexes ?

Le remboursement de la sécurité sociale étant très faible par rapport aux prix réels pratiqués par les opticiens, c'est la complémentaire santé qui joue un rôle déterminant dans la prise en charge de vos lunettes de vue.

Le montant remboursé par la mutuelle varie en fonction de plusieurs critères :

  • le type de contrat souscrit,
  • le niveau de garanties optiques choisi,
  • la nature des verres (simples, complexes ou très complexes).

Concrètement, les mutuelles expriment leur remboursement soit sous la forme d'un pourcentage du tarif de base de la sécurité sociale, soit sous la forme d'un forfait en euros par période (généralement par année civile ou tous les deux ans).

Pour les verres simples, les formules d'entrée de gamme offrent généralement une prise en charge suffisante car le prix des verres reste modéré. En revanche, pour les verres complexes et les verres progressifs, le reste à charge peut vite devenir important si la mutuelle ne propose pas un forfait optique renforcé.

Par ailleurs, la réforme 100 % Santé permet d'obtenir un équipement complet (monture et verres de classe A) sans aucun reste à charge, que les verres soient simples ou complexes. Si vous souhaitez opter pour des verres de classe B (prix libres, options de confort supérieures), le niveau de garanties de votre mutuelle sera déterminant. Pensez à comparer les mutuelles optiques pour identifier la formule la plus adaptée à vos besoins.

Les alternatives aux lunettes correctrices

Porter des lunettes n'est pas la seule façon de corriger sa vue. Deux alternatives existent selon votre profil :

  • Les lentilles de contact : elles offrent la même couverture de correction que les lunettes (simples ou complexes) avec un confort esthétique supérieur. Elles font l'objet d'une prise en charge spécifique par l'Assurance maladie et les mutuelles, distincte de celle des lunettes. Certains traitements de lentilles (lentilles toriques pour l'astigmatisme, lentilles multifocales pour la presbytie) correspondent aux mêmes catégories de complexité que les verres.
  • La chirurgie réfractive (laser, LASIK…) : elle permet de corriger définitivement la myopie, l'hypermétropie, l'astigmatisme ou la presbytie. Elle n'est pas prise en charge par l'Assurance maladie mais peut être partiellement couverte par certaines mutuelles.
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