Les verres unifocaux
Les verres unifocaux possèdent une même puissance de correction sur l’ensemble de leur surface. Ils sont utilisés pour traiter les troubles de la vision suivants : astigmatisme, hypermétropie et myopie.
Ils peuvent prendre différentes formes optiques selon le trouble à corriger :
- Sphériques concaves (myopie) : plus fins au centre et plus épais sur les bords, ils permettent de mieux voir au loin ;
- Sphériques convexes (hypermétropie) : plus épais au centre et plus fins sur les bords, ils agissent comme une loupe pour améliorer la vision de près ;
- Toriques (astigmatisme) : leur courbure différenciée sur deux axes perpendiculaires corrige les irrégularités de la cornée responsables de l'image floue ou déformée ;
- Asphériques : plus fins et plus plats que les verres sphériques classiques, ils offrent une meilleure qualité optique en périphérie du verre et un rendu esthétique plus discret. Ils sont particulièrement recommandés pour les corrections importantes.
Les tarifs fixés par l’Assurance maladie pour déterminer la base de remboursement diffèrent en fonction de la correction.
Même si ces verres sont moins onéreux que les verres multifocaux, ces tarifs sont inférieurs à ceux pratiqués par les opticiens. Il est donc essentiel de souscrire une meilleure mutuelle optique qui permettra de réduire au maximum le reste à charge.
Les verres multifocaux
Les multifocaux se déclinent en différents types de verres : double foyers, triple foyers, progressifs.
Les verres bifocaux
Ils ont été conçus pour apporter une correction efficace aux personnes presbytes. Pour rappel, la presbytie se caractérise par une difficulté à voir net de près. Elle apparait généralement aux alentours de 45 ans et touche donc la vision de près. Les verres unifocaux ne sont pas adaptés car en améliorant la netteté de la vision de près, ils rendent la vision de loin floue.
Les verres bifocaux sont constitués de deux foyers. Le verre principal corrige la vision de loin. Dans sa partie basse, un autre foyer est ajouté pour la vision de près. Cet agencement pose deux problèmes
- un aspect inesthétique : la délimitation entre les deux zones de correction est visible sur les lunettes ;
- des maux de tête ou des effets optiques gênants : le passage d’une zone à l’autre se fait directement, ce qui peut provoquer des sauts d’image.
Les verres trifocaux
Ces verres disposent de trois foyers : à la vision de loin et de près, s’ajoute une zone de correction pour la vision intermédiaire. Ils permettent ainsi de rectifier quelques inconvénients des verres bifocaux. Par contre, l’aspect inesthétique perdure avec la démarcation des foyers.
Les verres progressifs
Leur place au sein des verres multifocaux ne fait pas l’unanimité. Pourtant, ils possèdent également plusieurs zones de correction. Elles sont au nombre de 3 comme les verres trifocaux. Mais la différence est que le passage entre ces différentes zones se fait de manière progressive et donc moins abrupte.
Ces verres sont plus pratiques que les verres multifocaux traditionnels et donc largement plébiscités. Par contre, certaines personnes n’arrivent pas à s’y habituer.
La base de remboursement fixée par la sécurité sociale est la même pour les verres progressifs et pour les verres multifocaux. L’Assurance maladie n’opère pas de distinction entre ces différents types de verre.
Le tarif évolue juste en fonction du degré de correction. Là encore, il est inférieur aux prix pratiqués par les opticiens, ce qui nécessite de souscrire une mutuelle présentant des garanties avantageuses en matière d’optique.
Quelle est la différence entre les verres double foyer et les verres progressifs ?
Cette question revient souvent au moment de choisir ses lunettes de correction. Les verres double foyer (bifocaux) et les verres progressifs remplissent une fonction similaire : corriger à la fois la vision de loin et la vision de près, notamment chez les personnes presbytes. Mais leur fonctionnement diffère sensiblement.
Les verres bifocaux disposent de deux zones de correction bien distinctes qui sont séparées par une ligne visible sur le verre. Le passage de la vision de loin à la vision de près se fait de manière abrupte, ce qui peut provoquer des sauts d'image et une gêne visuelle.
Leur aspect inesthétique, lié à la démarcation entre les deux zones, pousse de plus en plus de porteurs à s'en détourner.
Les verres progressifs, en revanche, proposent une transition fluide entre trois zones de correction :
- vision de loin en haut du verre,
- vision intermédiaire au centre,
- vision de près en bas.
Il n'y a aucune ligne de démarcation visible, ce qui les rend plus discrets et plus confortables au quotidien. Ils sont aujourd'hui largement privilégiés par les ophtalmologistes et les opticiens.
Leur principal inconvénient est un temps d'adaptation parfois nécessaire, en particulier lors de la première utilisation. Certaines personnes peuvent ressentir une légère sensation de flou en périphérie du verre durant les premiers jours.
En termes de prix, les verres progressifs sont plus onéreux que les verres bifocaux. Le remboursement par la sécurité sociale est toutefois identique pour ces deux types de verres, l'Assurance maladie n'opérant pas de distinction entre verres multifocaux et verres progressifs. C'est le niveau de garanties de votre mutuelle optique qui fera la différence sur le reste à charge.
Quel est le meilleur type de verre pour les lunettes de vue ?
Le meilleur verre pour vos lunettes de vue dépend avant tout de votre trouble visuel et de votre correction. Mais au-delà du choix entre verres unifocaux, progressifs ou spéciaux, deux paramètres influencent directement le confort, l'esthétique et le prix de vos lunettes de correction : l'indice d'amincissement et le matériau du verre.
L'indice de verre : comprendre l'amincissement des verres
L'indice de réfraction d'un verre détermine sa capacité à dévier la lumière. En pratique, plus l'indice est élevé, plus le verre sera fin et léger à correction égale.
Les quatre indices les plus courants sont les suivants :
- l'indice 1.50 (verre standard) : il convient aux faibles corrections, généralement comprises entre -2 et +2 dioptries. C'est le verre le plus économique ;
- l'indice 1.60 (verre aminci) : adapté aux corrections moyennes, de l'ordre de ±2 à ±4 dioptries. Il offre un gain d'épaisseur notable par rapport au verre standard ;
- l'indice 1.67 (verre très aminci) : recommandé pour les corrections comprises entre ±4 et ±6 dioptries. Le gain d'épaisseur atteint environ 35 % par rapport à un verre d'indice 1.50 ;
- l'indice 1.74 (verre ultra aminci) : réservé aux très fortes corrections, au-delà de ±6 dioptries. C'est le verre le plus fin disponible en matière organique, avec un gain d'épaisseur pouvant aller jusqu'à 45 %.
Choisir un indice d'amincissement élevé pour une faible correction n'a que peu d'intérêt.
L'épaisseur finale dépend aussi de la taille et de la forme de la monture choisie. Un opticien pourra vous orienter vers le meilleur compromis entre esthétique, confort et budget.
Le prix des verres amincis en indice 1.74 est sensiblement plus élevé que celui des verres standards, ce qui rend le choix d'une bonne mutuelle optique d'autant plus important.
Les différents matériaux des verres optiques
Les verres correcteurs sont aujourd'hui fabriqués dans deux grandes familles de matériaux : le verre organique (plastique) et le verre minéral.
Le verre organique est de loin le plus utilisé. Plus léger et plus résistant aux chocs que le verre minéral, il convient à la grande majorité des porteurs de lunettes. Il est compatible avec l'ensemble des traitements de surface disponibles (antireflet, anti-rayures, anti-lumière bleue pour limiter la fatigue oculaire, hydrophobe).
C'est le matériau retenu pour les verres de classe A dans le cadre de la réforme 100 % Santé.
Parmi les verres organiques, on distingue le polycarbonate, encore plus léger et résistant, souvent recommandé pour les lunettes de correction des enfants et pour les montures percées ou semi-cerclées.
Le verre minéral, fabriqué à base de silice, offre une qualité optique très élevée et une excellente résistance aux rayures. Il existe dans des indices d'amincissement supérieurs à ceux des verres organiques (jusqu'à 1.80 ou 1.90).
Il présente toutefois un inconvénient majeur : son poids, nettement supérieur, et sa fragilité en cas de choc. Il peut se briser et représente donc un risque pour les yeux. Son utilisation est aujourd'hui très marginale.
Le choix du matériau doit tenir compte de votre correction, de votre mode de vie et du type de monture souhaité. Votre opticien saura vous conseiller le matériau le plus adapté en fonction de ces paramètres.
Les verres spéciaux
Il existe d’autres types de verres ou de traitements pour les verres correcteurs. Voici quelques exemples:
Les verres mi-distance : avis et cas d'usage
Les verres mi-distance (ou verres dégressifs) sont des verres multifocaux qui corrigent la vision de près et la vision intermédiaire, sans corriger la vision de loin. Contrairement aux progressifs, ils ne conviennent pas à la conduite ou aux activités nécessitant une bonne vision à longue distance.
Ils constituent un choix idéal pour :
- les jeunes presbytes qui n'ont pas encore besoin d'une correction de loin ;
- les personnes dont l'activité professionnelle implique un travail sur ordinateur prolongé (la distance écran + bureau est parfaitement couverte) ;
- les porteurs de verres progressifs souhaitant une paire secondaire dédiée aux activités de près (lecture, bricolage, couture).
Leur principal avantage est une adaptation instantanée à la correction, sans le temps d'acclimatation parfois nécessaire avec les verres progressifs. Pour en bénéficier pleinement, votre ophtalmologiste et votre opticien auront besoin d'informations précises sur vos activités et votre distance de travail habituelle.
Les verres teintés
Certaines personnes doivent impérativement porter des verres teintés pour protéger leurs yeux de la lumière. Ces verres peuvent être pris en charge par l’Assurance maladie dans l’une de ces 3 situations
- une affection oculaire comme la rétinopathie, la conjonctivite intense, la cataracte centrale, etc. ;
- une myopie forte accompagnée de photophobie ;
- certaines photophobies non liées aux pathologies citées ci-dessus.
Les traitements et filtres des verres correcteurs
Au-delà du type de verre, les traitements de surface jouent un rôle clé dans le confort visuel, la durabilité et la protection des yeux. Voici les principaux traitements disponibles chez votre opticien.
Le traitement anti-rayures
Les verres organiques (les plus courants) sont naturellement sensibles aux rayures. Un traitement durci, ou hard-coating, est appliqué en surface pour renforcer leur résistance. Il est généralement inclus dans les verres de classe A.
Le traitement antireflets
Il améliore la transparence du verre et réduit les reflets lumineux gênants — particulièrement utiles lors du travail sur ordinateur, de la conduite de nuit ou en photographie. Il limite également la fatigue oculaire liée aux reflets répétés.
Les filtres anti-lumière bleue
Ces filtres réduisent la quantité de lumière bleue émise par les écrans numériques (ordinateurs, smartphones, tablettes) qui pénètre dans l'œil. Ils sont particulièrement recommandés pour les personnes exposées aux écrans pendant de longues heures, afin de limiter la fatigue oculaire et les troubles du sommeil à long terme.
À noter : à ce jour, l'ANSES ne considère pas ces dispositifs comme des équipements de protection individuelle certifiés, mais leur usage reste courant pour le confort visuel.
Les verres photochromiques
Les verres photochromiques s'assombrissent automatiquement en réponse aux rayons ultraviolets du soleil, puis retrouvent leur transparence en intérieur. Ils constituent une solution pratique pour les personnes qui se déplacent fréquemment entre intérieur et extérieur, ou qui souffrent de photophobie.
La protection anti-UV
Tous les verres de qualité devraient assurer une protection contre les rayons ultraviolets (UVA et UVB), dont la toxicité rétinienne est documentée. Cette protection est généralement intégrée dans les verres organiques modernes. Elle est indépendante de la teinte du verre.
Les verres polarisés
Les verres polarisés éliminent les reflets horizontaux induits par la réverbération sur l'eau, la neige ou une chaussée mouillée. Ils sont recommandés pour les activités sportives (pêche, ski, randonnée) et pour la conduite en conditions difficiles.
Comment entretenir ses verres correcteurs ?
Un bon nettoyage des verres prolonge leur durée de vie et garantit une vision nette au quotidien. Voici les bonnes pratiques à adopter :
- Soufflez légèrement sur les verres avant de les nettoyer pour déloger les poussières et particules qui pourraient rayer la surface si elles sont frottées directement.
- Utilisez un nettoyant pour verres optiques (spray ou lingette humide dédiée) — évitez l'eau du robinet chargée en calcaire et les produits ménagers agressifs.
- Essuyez en mouvements circulaires avec un chiffon en microfibre propre, des deux côtés du verre.
- Rangez vos lunettes dans leur étui quand vous ne les portez pas, pour éviter les rayures et les chocs.
- Évitez les sources de chaleur (tableau de bord, bord de piscine) : la chaleur peut détériorer les traitements antireflets des verres organiques.
Un nettoyage quotidien est recommandé pour maintenir une vision optimale et préserver les traitements de surface de vos verres.
Quelle est la différence entre les verres de classe A et de classe B ?
Depuis la mise en place de la réforme 100 % Santé en janvier 2020, les équipements optiques sont répartis en deux catégories distinctes : la classe A et la classe B. Cette classification détermine le niveau de prise en charge par l'Assurance maladie et la complémentaire santé.
Les verres de classe A font partie du panier 100 % Santé. Leur prix est plafonné et ils sont intégralement pris en charge par la sécurité sociale et la mutuelle, à condition que cette dernière soit un contrat responsable. Le porteur n'a donc aucun reste à charge.
Ces verres couvrent l'ensemble des corrections (unifocaux et progressifs) et incluent les traitements antireflet, anti-rayures et anti-UV. Le prix d'un équipement complet de classe A (verre et monture) se situe entre 95 et 265 euros pour des verres unifocaux et entre 180 et 370 euros pour des verres progressifs, monture comprise.
Les montures de classe A sont plafonnées à 30 euros, avec un choix minimum de 17 modèles adultes et 10 modèles enfants chez chaque opticien.
Les verres de classe B correspondent au secteur à prix libres. Ils offrent un choix plus large en termes d'indices d'amincissement, de traitements de surface (hydrophobe, anti-lumière bleue, photochromique) et de marques de verres haut de gamme. Les prix sont fixés librement par l'opticien.
Le remboursement de la monture par la complémentaire santé est plafonné à 100 euros dans le cadre des contrats responsables. Le reste à charge dépend du niveau de garanties optiques souscrites.
Il est tout à fait possible de panacher les deux classes : choisir par exemple des verres de classe A (sans reste à charge) avec une monture de classe B (prix libre), ou inversement. Cette souplesse permet d'adapter son équipement à son budget et à ses exigences visuelles.
Pour les porteurs ayant une faible correction et des besoins visuels simples, les verres de classe A constituent une solution de qualité correcte sans aucune dépense.
Pour les personnes présentant une correction élevée, une activité professionnelle sur écran ou des exigences particulières en matière de confort visuel, les verres de classe B peuvent apporter un gain de confort significatif. Dans ce cas, il est recommandé de souscrire une mutuelle optique avec des garanties renforcées pour limiter le reste à charge sur les verres de lunettes et la monture. Si vous envisagez les lentilles de contact comme alternative aux verres correcteurs, consultez notre guide sur le remboursement des lentilles.
