Nouvelles baisses de remboursement de la Sécurité sociale en 2026

Nouvelles baisses de remboursement Sécurité sociale : ce qui change en 2026Fin juillet 2026, le gouvernement a transmis cinq projets de décrets à la Caisse nationale d'Assurance maladie (Cnam) visant à réduire les remboursements sur plusieurs postes de dépenses.

Médicaments, soins dentaires, transports sanitaires et dispositifs médicaux sont concernés par cette mesure.

L'objectif affiché : dégager entre 1,2 et 1,7 milliard d'euros d'économies pour réduire le déficit de la Sécurité sociale.

picto ce qu'il faut retenir
Ce qu'il faut retenir :
  • Réduction des taux de l'Assurance Maladie : la prise en charge par la Sécurité sociale diminue sur les médicaments à SMR faible ou modéré, le dentaire et les transports sanitaires.
  • Plafonds de reste à charge relevés de 40 % : les franchises médicales et les participations forfaitaires passent de 50 € à 70 € chacune au 1er octobre 2026, soit un reste à charge maximal de 140 € par an (et non 200 €, scénario finalement abandonné).
  • Transfert vers les complémentaires : le désengagement du régime obligatoire reporte les dépenses sur les mutuelles, entraînant une hausse prévisible des cotisations.
  • Exonérations maintenues : les moins de 18 ans, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S) et de l'AME, les femmes enceintes à partir du 6ème mois et les victimes d'actes de terrorisme ne sont pas concernés, soit environ 18 millions de personnes.
  • Reste à charge intégral : les contrats de mutuelle "responsables" ne peuvent légalement pas rembourser les franchises et participations forfaitaires.
  • Pouvoir d'achat impacté : les retraités et patients en ALD sont les plus exposés en raison de leur consommation de soins élevée.

Mise à jour du 14 septembre 2026 : le plafond fixé à 140 €, pas à 200 €

Le décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026, publié au Journal officiel du 12 septembre, met fin à plusieurs semaines d'incertitude. Le doublement annoncé le 23 juillet, qui aurait porté le reste à charge maximal à 200 € par an, n'aura pas lieu. Face à l'opposition des conseils des caisses de Sécurité sociale, des professionnels de santé et des associations de patients, le gouvernement a retenu une hausse de 40 % : chaque plafond annuel passe de 50 à 70 €, soit 140 € cumulés par assuré et par an à compter du 1er octobre 2026.

La ministre de la Santé Stéphanie Rist justifie ce relèvement par un rattrapage de l'inflation depuis 2005, année de création de ces plafonds restés inchangés depuis. Le décret prévoit par ailleurs une revalorisation annuelle automatique, indexée sur l'évolution des prix à la consommation hors tabac, à partir de 2028. Les montants prélevés sur chaque acte, eux, ne bougent pas.

Baisses de remboursement : ce que prévoient les quatre décrets du 22 août 2026

Annoncées fin juillet 2026 par la ministre de la Santé Stéphanie Rist, les baisses de remboursement de l'Assurance maladie ont été actées par quatre décrets publiés au Journal officiel du 22 août 2026.

L'objectif assumé est de transférer une partie de la prise en charge vers les complémentaires santé pour contenir le déficit de la Sécurité sociale, estimé à 23,2 milliards d'euros en 2026. L'économie attendue pour le régime obligatoire est comprise entre 1,2 et 1,7 milliard d'euros.

Quatre décrets, quatre postes de dépenses

  • Décret n° 2026-809 — soins dentaires : la fourchette réglementaire du ticket modérateur applicable aux honoraires des chirurgiens-dentistes et à certains actes de soins dentaires est relevée de 35-45 % à 50-60 %. Entrée en vigueur au 1er janvier 2027.
  • Décret n° 2026-810 — dispositifs médicaux : lunettes, prothèses et appareillages inscrits sur la liste des produits et prestations suivent la même trajectoire de baisse. Entrée en vigueur au 1er janvier 2027.
  • Décret n° 2026-811 — médicaments à SMR faible ou modéré : la participation de l'assuré est relevée pour les produits dont le service médical rendu n'est jugé ni majeur ni irremplaçable, afin de financer l'accès aux traitements les plus innovants. Entrée en vigueur au 1er janvier 2027.
  • Décret n° 2026-812 — transports sanitaires : la fourchette du ticket modérateur passe de 45-55 % à 50-60 % au 1er janvier 2027. Une disposition s'applique toutefois dès le 1er octobre 2026 : elle réserve le maintien des conditions actuelles de prise en charge aux seuls patients relevant d'une affection de longue durée exonérante au sens de l'article L. 160-14 du Code de la Sécurité sociale.

Attention : les taux définitifs ne sont pas encore fixés

Un point passe souvent inaperçu dans la couverture de ces mesures. Les décrets ne fixent pas les taux de remboursement : ils se contentent d'élargir les fourchettes réglementaires à l'intérieur desquelles le taux doit se situer.

C'est l'Union nationale des caisses d'assurance maladie (Uncam) qui arrêtera la valeur définitive. Le gouvernement a néanmoins indiqué vouloir retenir le bas de chaque fourchette, soit le scénario le plus défavorable aux assurés : 50 % pour les soins dentaires, 15 % pour les médicaments à SMR modéré et 5 % pour ceux à SMR faible.

Les chiffres ci-dessous constituent donc des taux cibles annoncés, susceptibles d'être ajustés par la décision de l'Uncam.

Évolution des taux de remboursement de la Sécurité sociale :

Poste de dépenses Taux actuel Taux cible annoncé Entrée en vigueur Décret du 22 août 2026
Soins dentaires courants (consultations, détartrage, soins conservateurs) 60 % 50 % 1er janvier 2027 n° 2026-809
Dispositifs médicaux (lunettes, prothèses, appareillages) 60 % 50 % 1er janvier 2027 n° 2026-810
Médicaments à SMR modéré (Bétadine, Gaviscon, certains bains de bouche) 30 % 15 % 1er janvier 2027 n° 2026-811
Médicaments à SMR faible 15 % 5 % 1er janvier 2027 n° 2026-811
Transports sanitaires (ambulance, VSL, taxi conventionné) 55 % 50 % 1er janvier 2027
(restriction ALD dès le 1er octobre 2026)
n° 2026-812

Le cas particulier des médicaments à SMR faible ou modéré

Sur la plupart des postes concernés, la baisse du remboursement obligatoire sera absorbée par votre complémentaire santé : le contrat responsable impose en effet la prise en charge intégrale du ticket modérateur. C'est le cas des soins dentaires courants, où le passage de 60 % à 50 % ne devrait pas se traduire par un reste à charge supplémentaire immédiat, mais par une pression sur les cotisations.

Les médicaments à SMR faible ou modéré échappent à cette règle. Leur ticket modérateur figure parmi les exceptions pour lesquelles la couverture intégrale n'est pas obligatoire dans un contrat responsable. Autrement dit, sur ce poste précis, la baisse ne sera pas automatiquement compensée : votre reste à charge dépendra du niveau de garantie « pharmacie » effectivement souscrit. C'est le point à vérifier en priorité dans vos conditions générales avant le 1er janvier 2027, en particulier si vous consommez régulièrement ce type de médicaments.

Et les patients en ALD ?

La prise en charge à 100 % des soins liés à l'affection de longue durée reconnue est maintenue, de même que le panier 100 % Santé en dentaire et les rendez-vous de prévention « M'T dents ». Les patients en ALD restent en revanche exposés sur deux fronts : les soins sans lien avec leur affection, remboursés dans les conditions de droit commun, et les franchises médicales et participations forfaitaires, dont l'ALD n'exonère pas.

Quel impact sur le régime obligatoire et les complémentaires santé ?

Ces nouvelles baisses de remboursement déclenchent un mécanisme de transfert de charges : la part non prise en charge par la Sécurité sociale sera absorbée par les mutuelles et complémentaires santé. Conséquence directe : une hausse probable des cotisations mensuelles pour les assurés.

Les fédérations du secteur ont réagi vivement. La Mutualité française, la FIPS et France Assureurs dénoncent un transfert sans concertation suffisante, estimé entre 1,5 et 1,7 milliard d'euros à partir de 2027. Elles rappellent qu'un transfert de charge n'annule pas la dépense : elle sera financée par une augmentation du reste à charge direct ou par une hausse des cotisations de mutuelle.

L'impact sur le pouvoir d'achat des assurés est réel, notamment pour les retraités proportionnellement plus touchés en raison de leur consommation de soins plus élevée. Ce contexte s'inscrit dans la volonté du gouvernement de réduire le déficit de la Sécurité sociale, estimé à 23,2 milliards d'euros en 2026.

Trois conséquences principales pour les assurés :

  • Hausse des cotisations mutuelle pour compenser les charges transférées
  • Reste à charge accru sur certains actes médicaux et médicaments
  • Médicaments moins remboursés par le régime obligatoire

Pour suivre l'évolution de ces mesures, consultez nos actualités de la Sécurité sociale.

Franchises médicales et participations forfaitaires : un plafond porté à 140 € au 1er octobre 2026

Les plafonds annuels des franchises médicales et des participations forfaitaires étaient fixés à 50 € chacun, soit 100 € par an au total, depuis leur création en 2005. Ils passent chacun à 70 € au 1er octobre 2026, portant le reste à charge maximal à 140 € par an et par personne.

Les montants prélevés par acte restent inchangés : 1 € par boîte de médicament ou par acte paramédical, 4 € par transport sanitaire et 2 € par consultation, examen de radiologie ou analyse de biologie.

La mesure ne change donc rien pour la majorité des assurés : seuls ceux qui dépassent aujourd'hui les compteurs de 50 € verront leur reste à charge augmenter, de 40 € par an au maximum. Ce sont mécaniquement les patients chroniques et les gros consommateurs de soins de ville qui sont concernés.

Les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (C2S), les moins de 18 ans et les femmes enceintes à partir du 6e mois de grossesse restent exonérés de ces prélèvements. En revanche, une affection de longue durée n'ouvre aucune exonération : les patients en ALD sont pleinement soumis au nouveau plafond de 140 €.

Synthèse du doublement des plafonds en 2026 :

Élément Plafond jusqu'au 30 septembre 2026 Plafond au 1er octobre 2026 Montant par acte (inchangé)
Franchises médicales (médicaments, actes paramédicaux, transports) 50 € 70 € 1 € (médicament ou acte paramédical), 4 € (transport)
Participations forfaitaires (consultations, radios, analyses) 50 € 70 € 2 € par acte ou consultation
Total cumulé maximal 100 € 140 €

L'Unocam s'oppose fermement aux nouveaux transferts de charges

Dans un avis rendu à l'unanimité le 1er août 2026, l'Union nationale des organismes complémentaires d'assurance maladie Unocam a exprimé son opposition catégorique aux projets de décrets gouvernementaux. L'association, qui regroupe mutuelles, assureurs et institutions de prévoyance, dénonce un transfert de charges massif estimé à 1,5 milliard d'euros vers les complémentaires santé.

Selon l'Unocam, ces mesures réglementaires, prises sans concertation réelle, pèsent lourdement sur l'équilibre financier des organismes et, par extension, sur le pouvoir d'achat des assurés.

Face à ce désengagement de l'Assurance Maladie, l'Unocam plaide pour des solutions structurelles plutôt que des ajustements comptables de court terme. Elle sollicite notamment un allègement de la fiscalité pesant sur les contrats de santé (la Taxe de Solidarité Additionnelle) afin de limiter l'augmentation inévitable des cotisations.

Les représentants du secteur soulignent que l'accumulation des transferts, incluant la hausse du forfait hospitalier et la baisse du remboursement des médicaments, transforme le contrat responsable en un simple outil de compensation du déficit public, au détriment de l'accès aux soins pour les ménages les plus fragiles.

Les points de vigilance soulevés par l'Unocam :

  • Absence de concertation sur le chiffrage réel des transferts (estimés parfois jusqu'à 2 milliards d'euros en année pleine).
  • Risque d'inconstitutionnalité de certaines mesures de blocage tarifaire envisagées par le gouvernement.
  • Impact direct sur les retraités qui subissent de plein fouet la hausse mécanique des primes de mutuelle.
  • Nécessité d'une réforme de la fiscalité pour amortir le choc financier des nouvelles dépenses transférées.

Soins dentaires : les chirurgiens-dentistes fustigent le désengagement de la Sécurité sociale

Face à l’annonce de ces nouveaux arbitrages budgétaires, la réaction du corps médical ne s'est pas faite attendre.

Les syndicats de chirurgiens-dentistes dénoncent fermement ce qu'ils qualifient de « décalage coupable » et de désengagement continu de l’Assurance Maladie au profit des complémentaires santé.

Après la diminution du taux de prise en charge de 70 % à 60 %, cette nouvelle baisse de remboursement des soins dentaires généraux fait craindre aux professionnels une dégradation progressive de l'accès aux soins bucco-dentaires.

Selon leurs représentants, reporter un poids financier toujours plus lourd sur les mutuelles va inévitablement renchérir le coût des cotisations pour les ménages, augmentant directement le risque de renoncement aux soins pour les assurés.

Une dynamique inquiétante pour la profession, alors même que la prévention et le suivi dentaire régulier demeurent des enjeux majeurs de santé publique.

David KESLER
L’avis des experts ADP Assurances
David KESLER

Le relèvement du plafond à 140 € ne concerne que les assurés qui atteignaient déjà les 100 € de retenues, avec un surcoût limité à 40 € par an. La vraie nouveauté est ailleurs : ces plafonds seront indexés sur l'inflation à partir de 2028, après vingt ans de gel. La hausse devient récurrente.

N'oubliez pas que les contrats responsables ont l'interdiction légale de rembourser ces sommes : c'est un reste à charge incompressible, quel que soit votre niveau de garanties. Suivez vos décomptes sur votre compte ameli, ces montants étant déduits de vos remboursements sans aucune facture. Et d'ici janvier 2027, vérifiez votre garantie pharmacie : c'est le seul poste où la baisse des taux ne sera pas automatiquement compensée par votre mutuelle.

Questions fréquentes sur les baisses de remboursement

La réponse est claire : dans la grande majorité des cas, non. Les contrats de complémentaire santé dits responsables — qui représentent plus de 95 % des offres du marché — sont légalement interdits de rembourser les franchises médicales ainsi que la participation forfaitaire de 2 € par consultation d'un médecin.

Cette règle s'impose à toutes les mutuelles, quel que soit le niveau de garanties souscrit. La réglementation sur les contrats responsables est explicite sur ce point : ces sommes restent à votre charge et ne peuvent pas être intégrées dans la base de remboursement de votre complémentaire santé.

Seuls les contrats dits non responsables, beaucoup plus rares et généralement plus coûteux, peuvent couvrir ces frais. Dans la pratique, le surcoût de ces formules dépasse souvent le montant des franchises récupérées.

Votre mutuelle reste néanmoins utile pour réduire vos remboursements des frais sur d'autres postes : ticket modérateur, dépassements d'honoraires, soins dentaires ou hospitalisation.

Le gouvernement a décidé de transférer une partie des remboursements vers les complémentaires santé afin de réduire le déficit de la Sécurité sociale. Cette mesure entraîne une hausse du ticket modérateur et un reste à charge plus élevé pour les assurés sur certains actes médicaux, notamment les médicaments, les consultations dentaires et les transports sanitaires.

Votre mutuelle prend en charge le ticket modérateur et potentiellement les dépassements d'honoraires, selon votre contrat. Cependant, la hausse des charges transférées par la Sécurité sociale pourrait se répercuter sur vos cotisations. Il est recommandé de vérifier vos garanties pour vous assurer d'une couverture adaptée à vos besoins.

Non. Ce doublement à 200 € avait été annoncé le 23 juillet 2026, mais il a été abandonné. Le décret n° 2026-858 du 11 septembre 2026 fixe chaque plafond annuel à 70 €, soit 140 € au total par assuré et par an, à compter du 1er octobre 2026. Les informations évoquant un plafond de 200 € sont antérieures à la publication du décret.

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Melaine LECARDONNEL
Melaine LECARDONNEL Rédactrice santé

Juriste de formation, Mélaine Lecardonnel est rédactrice web spécialisée dans les domaines de l'assurance depuis 2015. Ses connaissances juridiques et son expertise lui permettent de vulgariser avec clarté des notions complexes. Soucieuse d'apporter une information fiable et accessible, elle tente de permettre aux lecteurs de faire des choix éclairés pour protéger leur santé et leur budget.

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